Back to basics

J’ai récemment inauguré une partie PhotoPhone sur mon portfolio (merci l’API Instagram) pour y regrouper les photos prises à partir de mon téléphone et publiées sur instagram (j’attends impatiemment de pouvoir faire de même avec mon vsco Grid). Et pour cause, les instas ou snaps font aujourd’hui partie intégrante de ma pratique photographique. Je n’ai pas fait les comptes mais il est possible que je publie davantage de photos prises de mon mobile que de clichés issus de mon réflexe. Et de même que pour l’utilisation de mon Olympus OM-10, on me demande souvent pourquoi je me contrains à utiliser des appareils moins perfectionnés. Parce que la contrainte c’est la vie

Pour ce qui est de l’argentique, j’y trouve 2 contraintes très avantageuses :

  1. le faible nombre de prises de vue autorisé (36 généralement). À environ 10€ la pelliculle + 10€ le tirage (équivalent si on le fait soit même) cela revient à 1,8€ LA photo. Cette première contrainte nous oblige à penser, peser et ajuster notre prise de vue.
  2. l’obligation de faire tirer les photos pour voir le résultat. En effet, selon moi, le cycle de vie d’une photo commence au déclenchement et doit se terminer sur du papier, dans un album ou encadrée et affichée fièrement sur un mur. Nous avons trop d’espaces disques remplis de gigas de photos qu’on ne regarde même pas. Oui, ça prend du temps de faire un tri et de tirer les photos. Mais à la fin, elles seront à disposition pour qui veut les voir. Sans oublier que ce n’est qu’une fois sur papier qu’une photo prend sa pleine mesure. Il faut savoir que toutes les photos n’ont pas le même rendu selon les appareils à partir desquels on la regarde. Cela vient d’une part de la taille des écrans (télé, pc, tablettes, téléphones) et d’autre part, du calibrage de ces dits écrans. Ce dernier point peut faire varier la perception même des couleurs. Or, sur papier, tout le monde regarde exactement la même chose. Idéalement, mes photos sont : sélectionnées, tirées, stockées sur un disque dur et dans les serveurs quelque part dans le Cloud.

Toujours sur l’argentique, les pellicules ont leurs propres rendus (que tous les filtres et autres presets à la mode essaient d’ailleurs aujourd’hui de reproduire numériquement) qui donneront un caractère (bien souvent flatteur, disons le) spécfique à une photo bien exposée. Cela représente autant de temps en moins à passer derrière son écran pour post-traiter. Evidemment, un laboratoire le fait à votre place et ça coûte de l’argent (10€ chez Négatif+ pour les petits formats standards 8×10 ou 10×15). Vous allez donc réfléchir à plusieurs fois et vous posez les bonnes questions avant de déclencher.

Pour le téléphone, la contrainte se trouve au niveau des possibilités offertes lors des prises de vue. Déjà, on ne dispose que d’une seule et unique focale (le zoom électronique ne compte pas) ce qui nous oblige à beaucoup nous déplacer et tourner autour de notre sujet. Ensuite, il n’y a pas moyen de jouer sur l’ouverture ou la vitesse d’obturation. Les téléphones les plus poussés nous laissent volontiers choisir la sensibilité iso, définir une correction d’exposition et choisir une balance des blancs. Toutes ces contraintes obligent le photographe à être beaucoup plus créatif, à composer une image la plus graphique possible, avec des lignes fortes et surtout à raconter une histoire pour que l’image qui en sortira ait un réel impact.

Je n’invente rien ici, ce sont les bases de la photographie, mais à l’ère du numérique et des filtres à gogo, on a tendance à penser, à tort, que tout pourra se rattraper en éditant après coups nos petits JPEG.

Aujourd’hui, grâce aux smartphones, nous avons maintenant un appareil photo compact (puisqu’intégré dans le téléphone donc pas de surcharge), en tout cas si ça fait moins de 5 pouces (soyons honnêtes), constamment avec nous. C’est , selon moi, l’outil le plus adapté pour saisir et sublimer les images du quotidien, figer une scène fugace ou encore attraper une lumière dans le ciel.

En ce qui me concerne, mon téléphone participe à aiguiser mon œil et me procure une source d’inspiration quasi-inépuisable. Un petit tour parmi les photographes que je suis sur Instagram finira peut-être par vous convaincre.

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